[ici au québec] la tristesse du système

credit photo: Jonathan Gregson

La semaine verte est une de mes émissions préférées, sinon la meilleure émission radio à la Première chaîne de Radio-Canada. Elle est diffusée les samedis et dimanches, à 6 heures du matin. Samedi dernier, le 28 mai, j’ai écouté un reportage sur la détresse des agriculteurs, particulièrement des éleveurs de porc, dont plusieurs vivent de graves difficultés financières. Ils ont tout investi, ils ont pensé à bien nourrir leurs bêtes, ont songé au bien-être de leurs animaux avant le leur. « Nourrir le monde » était le rêve et l’espoir de plusieurs familles en difficulté. Même sans employés, ce qui leur est versé à l’abattoir ne suffit souvent pas à tout payer. Et le stress est énorme, à chaque semaine, à chaque mois, pour toute la famille.

Vous savez comment la cause de l’élevage me touche et m’interpelle. Je suis toujours indignée par le rapport déficient entre consommation locale versus importation, par les difficultés des producteur de nourriture éthique et naturelle. Allez écouter ce reportage touchant et vrai. Et portez attention à ce qui se dit sur la consommation locale « Comment aider les producteurs québécois? Il faut acheter des légumes, des produits du Québec, du porc québécois, de la viande québécoise. Vous n’avez qu’à le demander.»

[film] solutions locales

solutions locales pour un désordre global. Le documentaire de Coline Serreau expose les lourds problèmes actuels du système agricole qui vise une croissance perpétuelle et irraisonnée. Il va toutefois plus loin et cède la parole à des paysans, philosophes, économistes et agronomes, tous amoureux de la terre et offrant des solutions à ces dérives et ces catastrophes à venir. Très intéressant et surprenant, parfois drôle et touchant, jamais sensationnaliste, je vous le recommande.

[collage] miel

J’adore le miel, dans le thé à la menthe ou tartiné sur du pain frais, au petit déjeuner, le bout des doigts collants. Vous avez déjà essayé notre pain bis au levain (le nature ou celui avec des graines de citrouille ou de tournesol) avec le miel clair ou crémeux de Récolte Nature, de Baie-des-Sables? Rien de bien compliqué, mais tellement savoureux.
Le miel et le pain au levain sont disponibles à tous les jours à la boulangerie.

I love honey in tea with mint or spread on fresh bread for breakfast, with sticky fingertips. Have you already tried our sourdough bread (plain or with pumpkin or sunflower seeds) with clear honey or creamy honey from Récolte Nature, Baie-des-Sables? Nothing complicated, but so tasty.
Honey and sourdough bread are available daily at the bakery.

Sources photos et images:
Photo de pain blanc / White bread – Randi Brookman Harris
Tissu à pois / Dotted fabric – Purl Soho
Pot de miel / honey jar – Lovely Honey
Étampe / stamp – TC Witchcraft Factory
Chandelles d’anniversaire en cire d’abeilles / Beeswax birthday candles – Herriott Grace
Peinture d’abeilles / Bees painting – Golly Bard
Collier alvéoles (comme le mien!) / Silver honeycomb necklace (like mine!) – Rachel Pfeiffer Designs
Cuillères à miel en bois / Honey dipper – BioDidactic Designs
Abeilles en crochet / Crocheted bumble bees – Petit and Cute Designs

l’assiette de Laure

crédits photos: 1 / 2

Vous avez lu le supplément Alimentation du Devoir de vendredi dernier? Très très intéressant, particulièrement le texte de Laure Waridel. Cette dernière est une référence pour moi. Ses préoccupations me rejoignent. Une nouvelle édition revue et actualisée de son livre L’envers de l’assiette paraîtra le 15 mars 2011. Voici des extraits choisis de l’article de vendredi, traitant de consommation responsable, du biologique et des impacts environnementaux de notre alimentation:

« de nouvelles études […] ont démontré que de 40 à 50 % de la nourriture, aux États-Unis, [est] gaspillée entre le champs et l’assiette. »

« selon le MAPAQ, la proportion des aliments consommés au Québec provenant du Québec serait passée de 78 % à 33 % au cours des 25 dernières années. »

« Dans l’Union européenne, la superficie consacrée à l’agriculture biologique a augmenté de 21 % entre 2005 et 2008. Au Québec, moins de 1 % des superficies agricoles sont gérées avec cette logique de production. »

« l’écart de prix entre le bio et le traditionnel est beaucoup moindre qu’au Québec, parce que c’est ce type d’agriculture qu’on choisit d’encourager.»

« À ceux qui reprochent aux produits biologiques d’être encore trop coûteux, Laure Waridel précise que ce sont «les produits très transformés» qui sont surtout dispendieux. «Il y a un travail très important, pour tout le monde, de réapprendre à cuisiner avec des aliments de base». »

« on est encore au début d’une transformation qui sera plus profonde au cours des prochaines années, notamment à cause de l’augmentation des prix du pétrole, qui va nécessairement affecter notre système agroalimentaire »

D’où l’importance et l’intérêt d’acheter local. Nous en reparlerons.

animaux = viande = manger?

crédit photo: Sweet Meats

Questionnement de Josée Blanchette, dans Le Devoir de vendredi dernier, en réponse au livre de Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux?:

«pourquoi 18 % des jeunes dans les universités américaines sont-ils végétariens? Et pourquoi ces bouffeurs de luzerne sont rarement obèses? Pourquoi Michelle Obama s’est fait garrocher des tomates, dernièrement, lorsqu’elle a soulevé la problématique de l’alimentation déficiente en fruits et légumes dans un pays où l’obésité représente le problème numéro un de santé publique? Sûrement rien à voir avec le lobby des producteurs de viande qui ressemble drôlement à celui des producteurs de cigarettes.
«Je me suis aussi demandé pourquoi on voyait rarement d’images d’abattoirs à la télé, ni d’élevages industriels. Qui sait ce qui se trafique là, à part les inspecteurs du MAPAQ, et encore. Même mon ex-boucher du marché Atwater est devenu végétarien…
«Pour des raisons éthiques (besoin de plus?), morales (1 c. à thé chaque matin avec les antidépresseurs), environnementales (un carnivore occupe sept fois plus de terrain qu’un végétarien, sans compter que le secteur du bétail est le plus gros générateur de gaz à effet de serre), sanitaires (grippes aviaires, porcines, oeufs à la dioxine, vache folle, etc.), de santé (maladies cardiovasculaires, cancers, diabète, maladies chroniques), sociales (1,2 milliard d’humains crèvent de faim selon la Banque Mondiale, qui n’a de cesse de sonner l’alerte) et éducatives (nos enfants ne se font pas prier pour renoncer à la viande lorsqu’ils découvrent comment on élève leur pepperoni), on peut choisir de devenir végétarien, végétalien ou à tout le moins un carnivore éthique très sélectif

 

Notre exemplaire est réservé à la Chouette Librairie.

espresso man

crédit photos: mikael colville-andersen

espresso manden. Découvert hier, dans  l’épisode 5 de la saison 2 de Mixeur, une fantastique émission sur le design culinaire. Espresso manden, c’est espresso man, un homme qui se promène à vélo avec une machine espresso pour offrir du bon café aux gens de Copenhague. Je trouve l’idée géniale. Qui veut développer le concept à Matane? Mmm… peut-être y a-t-il trop de vent ici…

espresso manden. Found yesterday, in episode 5, season 2, of Mixeur, a fantastic french show about culinary design. Espresso Manden is espresso man, a man who rides a bike with an espresso machine to offer good coffee to the people of Copenhagen. This is a genius idea. Who wants to develop the concept in Matane? Mmm … maybe there is too much wind here…

 

credit: orange beautiful

 

Dans Le Devoir du samedi 22 janvier 2011, p. A 11, il y a avait un article de Louise-Maude Rioux Soucy sur l’aspartame, cet édulcorant artificiel au goût sucré, mais sans les calories. L’aspartame est créé en partie à partir d’un dérivé du méthanol, utilisé entre autres comme antigel. La société qui a découvert l’aspartame, GD Searle, a été aquise en 1985 par Monsanto. L’aspartame est surtout consommé dans les produits alimentaires allégés (yogourt, boissons), dans la gomme à mâcher et dans plusieurs médicaments comme le sirop contre la toux.

Certaines études affirment que la consommation régulière de produits contenant de l’aspartame augmente le risque d’accouchements prématurés. D’autres disent que ce serait un additif cancérigène. Pourtant, tout cela demeure controversé pour l’instant.

Ce qui est sérieux, présentement, c’est l’effet qu’a la consommation d’aspartame sur nos habiudes alimentaires:

« Lorsque des enfants habitués au pouvoir sucrant des édulcorants goûtent à des produits naturels, ils les trouvent généralement fades, pas assez sucrés.

[…]

« certaines études ont démontré que les édulcorants peuvent interférer dans les signaux de satiété et de faim que lancent le corps […]. les boissons édulcorées envoient des signaux trompeurs au corps qui se prépare à recevoir des calories. « Comme il n’en reçoit pas, il active alors les signaux de la faim et la personne finit par manger autant, sinon plus ».

[…] « le fabricant de l’aspartame a récemment mis sur le marché un produit appelé néotame en spécifiant qu’il aurait moins d’effets secondaires. Un aveu pour le moins révélateur. »

Image: Chris Silas Neal

Un second article très intéressant, paru ce samedi 24 juillet dans La Presse, cahier A 5, par Marie-Claude Lortie, au sujet de l’alimentation, du bio et du prix à payer.

«À chaque fois que j’emmène des gens découvrir ma ferme préférée, […] j’ai une petite crainte. Car les réactions, ai-je constaté, sont très polarisées.

Il y a ceux qui adorent le concept et qui embarquent à fond. […] Et il y a ceux qui n’adhèrent pas du tout, principalement à cause du prix. […]

J’ai beau leur dire que le vrai fond de la question, ce n’est pas pourquoi un bulbe québécois coûte 2$ mais plutôt comment des gousses chinoises peuvent bien pousser, être récoltées et se rendre jusqu’ici et coûter quand même une fraction du prix de l’ail local, ils restent sceptiques. […]

«Le consommateur moyen n’est pas prêt à investir davantage sur son alimentation», affirme le chercheur Sylvain Charlebois, vice-doyen à l’Université de Guelph, spécialiste des questions agroalimentaires. […]

Le problème, c’est que le bio et le nature ne peuvent que coûter plus cher que l’industriel puisque ce sont les nouvelles techniques «modernes» de culture, tant honnies, combinées aux mesures de stabilisation des prix gouvernementales, qui permettent aux prix d’être bas. […]

Comme consommateurs, sommes-nous donc pratiquement condamnés à un choix entre une facture d’épicerie corsée ou alors une note plus raisonnable mais un panier rempli de produits industriels, avec viandes nourries aux antibiotiques, légumes cultivés aux pesticides et produits transformés gonflés au sirop de maïs?

Pas du tout. Il y a une troisième voie: manger moins, mais mieux.

A-t-on vraiment besoin de toute cette quantité? De ces paniers d’épicerie géants débordants de partout? […]

Et pourquoi ne pas changer notre façon de faire l’épicerie? Prendre, par exemple, le budget viande pour la semaine et s’en servir pour acheter de la viande naturelle, sans antibio, bien nourrie et blablabla. Il y en aura peut-être moins, en quantité, que si on cherche les paquets familiaux industriels de 36 burgers qui sont en spécial dans la circulaire. Mais on n’a alors qu’à préparer autre chose pour compléter le menu de la semaine: légumineuses, gratins, pâtes alimentaires…

Mis en valeur par sa rareté, le steak n’aura jamais été si bon.