[pain] le grand luxe!

Bon vendredi! La semaine est terminée pour bien d’entre vous!

J’ai une bonne nouvelle à apprendre à nos clients qui aiment les pains intégral multicéréales, moitié moitié, de campagne, randonneur et multigrains: nous utilisons maintenant une nouvelle farine intégrale!

Nous avons toujours un souci d’utiliser le plus possible d’ingrédients et de produits locaux, régionaux, québécois. Nous faisons un pas de plus avec la farine intégrale de La Seigneurie des Aulnaies. Située à St-Roch-des-Aulnaies, cette meunerie est active depuis 300 ans et utilise la force de l’eau de la rivière. Depuis ce temps, elle utilise la plus grande roue à godet en activité au Québec. La Seigneurie des Aulnaies s’approvisionne presque exclusivement chez des producteurs de grains biologiques de leur village. En comparant leur farine avec celle moulue industriellement, la leur conserve davantage de son et de germe. Elle a donc une valeur nutritive plus élevée et une saveur incomparable.

C’est fabuleux: notre commande est arrivée à la boulangerie le 10 mars dernier. Cette farine a été moulue le 7 mars. C’est vraiment le top du top, le frais du frais. Un pain frais du matin, fait des mains de notre boulanger, avec de la farine fraîchement moulue du mois avec la force de l’eau. Le grand luxe.
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Le hamac dans les voiles (écrit en 1951), de Félix Leclerc, est un recueil de contes d’apparence simple, mais tellement plus touchant et dense qu’il n’y paraît. Je vous propose l’extrait de « Sanctus », p. 21, 22 et 23, où un couple de brins de blés sera bientôt fauché. Un crapaud, l’ami du blé mâle, lui apprend qu’il est très important pour les hommes et qu’il vivra une seconde vie.

« Le crapaud lève la tête et dit:

– Tu es un bon épi. On te mettra à part, à cause de l’abondante grappe que tu portes. Tes paroles sont belles à entendre. Ne crains rien. Tu seras choisi pour une grande mission. Maintenant, laisse-moi parler.

[…]

À la campagne les paysans comptaient les jours sur le calendrier et disaient: « L’automne est loin », puis ils ne parlaient plus. Et voilà que depuis une semaine, les hommes ont repris courage. Leur gaieté est revenue; on entend chanter dans les fermes, dès le matin.

Parce que septembre est de retour. Les hommes vont dans les verger, cueillent des pommes, les emportent dans de grands paniers, les glissent dans le moulin à presser et font du cidre; alors il a de quoi à boire dans les caves.

Les femmes ont sorti les vieux pots de conserve, les ont bourré de fruits et de légumes. On remplit les caves. Les hommes reprennent courage.

– Mais ils leur manque une chose encore, et c’est pourquoi ils viendront ici. Les huches sont vides. Il n’y a plus de pain, et le pain, c’est toi.

– Moi?

– Toi. Tu es le pain.

– Est-ce que c’est important, le pain?

– Le pain, c’est ce qui nourrit l’homme.

Tous les soirs d’innombrables familles disent: « Donnez-nous le pain quotidien. » Je les ai entendues moi-même plusieurs fois. Est-ce suffisant?

– Je te crois. Ah! le bonheur que tu répands ici! Sans toi, mon dimanche eût été noir. L’adieu à la prairie eût été déchirant. Mais là, je sais ma vérité. J’attends ferme. Ma mort me donnera une autre vie. Demain, je penserai à toi, et je serai tranquille.

[…]

– Lorsque ma compagne se réveillera tout à l’heure, murmure l’épi, je lui apprendrai que nous sommes le pain. Nous attendrons ensemble.

Dans la brise du dimanche, entre les colonnes infinies d’un champ de blé, un vieux crapaud s’en va et pleure, parce qu’il est condamné à vivre de longues années sur terre.

Chaque côté de lui, de grande allées d’épis lourds qui vont mourir demain sous la faucheuse, chantent des hymnes en balançant la tête. »