[ici au québec] la tristesse du système

credit photo: Jonathan Gregson

La semaine verte est une de mes émissions préférées, sinon la meilleure émission radio à la Première chaîne de Radio-Canada. Elle est diffusée les samedis et dimanches, à 6 heures du matin. Samedi dernier, le 28 mai, j’ai écouté un reportage sur la détresse des agriculteurs, particulièrement des éleveurs de porc, dont plusieurs vivent de graves difficultés financières. Ils ont tout investi, ils ont pensé à bien nourrir leurs bêtes, ont songé au bien-être de leurs animaux avant le leur. « Nourrir le monde » était le rêve et l’espoir de plusieurs familles en difficulté. Même sans employés, ce qui leur est versé à l’abattoir ne suffit souvent pas à tout payer. Et le stress est énorme, à chaque semaine, à chaque mois, pour toute la famille.

Vous savez comment la cause de l’élevage me touche et m’interpelle. Je suis toujours indignée par le rapport déficient entre consommation locale versus importation, par les difficultés des producteur de nourriture éthique et naturelle. Allez écouter ce reportage touchant et vrai. Et portez attention à ce qui se dit sur la consommation locale « Comment aider les producteurs québécois? Il faut acheter des légumes, des produits du Québec, du porc québécois, de la viande québécoise. Vous n’avez qu’à le demander.»

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l’assiette de Laure

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Vous avez lu le supplément Alimentation du Devoir de vendredi dernier? Très très intéressant, particulièrement le texte de Laure Waridel. Cette dernière est une référence pour moi. Ses préoccupations me rejoignent. Une nouvelle édition revue et actualisée de son livre L’envers de l’assiette paraîtra le 15 mars 2011. Voici des extraits choisis de l’article de vendredi, traitant de consommation responsable, du biologique et des impacts environnementaux de notre alimentation:

« de nouvelles études […] ont démontré que de 40 à 50 % de la nourriture, aux États-Unis, [est] gaspillée entre le champs et l’assiette. »

« selon le MAPAQ, la proportion des aliments consommés au Québec provenant du Québec serait passée de 78 % à 33 % au cours des 25 dernières années. »

« Dans l’Union européenne, la superficie consacrée à l’agriculture biologique a augmenté de 21 % entre 2005 et 2008. Au Québec, moins de 1 % des superficies agricoles sont gérées avec cette logique de production. »

« l’écart de prix entre le bio et le traditionnel est beaucoup moindre qu’au Québec, parce que c’est ce type d’agriculture qu’on choisit d’encourager.»

« À ceux qui reprochent aux produits biologiques d’être encore trop coûteux, Laure Waridel précise que ce sont «les produits très transformés» qui sont surtout dispendieux. «Il y a un travail très important, pour tout le monde, de réapprendre à cuisiner avec des aliments de base». »

« on est encore au début d’une transformation qui sera plus profonde au cours des prochaines années, notamment à cause de l’augmentation des prix du pétrole, qui va nécessairement affecter notre système agroalimentaire »

D’où l’importance et l’intérêt d’acheter local. Nous en reparlerons.