Image: Chris Silas Neal

Un second article très intéressant, paru ce samedi 24 juillet dans La Presse, cahier A 5, par Marie-Claude Lortie, au sujet de l’alimentation, du bio et du prix à payer.

«À chaque fois que j’emmène des gens découvrir ma ferme préférée, […] j’ai une petite crainte. Car les réactions, ai-je constaté, sont très polarisées.

Il y a ceux qui adorent le concept et qui embarquent à fond. […] Et il y a ceux qui n’adhèrent pas du tout, principalement à cause du prix. […]

J’ai beau leur dire que le vrai fond de la question, ce n’est pas pourquoi un bulbe québécois coûte 2$ mais plutôt comment des gousses chinoises peuvent bien pousser, être récoltées et se rendre jusqu’ici et coûter quand même une fraction du prix de l’ail local, ils restent sceptiques. […]

«Le consommateur moyen n’est pas prêt à investir davantage sur son alimentation», affirme le chercheur Sylvain Charlebois, vice-doyen à l’Université de Guelph, spécialiste des questions agroalimentaires. […]

Le problème, c’est que le bio et le nature ne peuvent que coûter plus cher que l’industriel puisque ce sont les nouvelles techniques «modernes» de culture, tant honnies, combinées aux mesures de stabilisation des prix gouvernementales, qui permettent aux prix d’être bas. […]

Comme consommateurs, sommes-nous donc pratiquement condamnés à un choix entre une facture d’épicerie corsée ou alors une note plus raisonnable mais un panier rempli de produits industriels, avec viandes nourries aux antibiotiques, légumes cultivés aux pesticides et produits transformés gonflés au sirop de maïs?

Pas du tout. Il y a une troisième voie: manger moins, mais mieux.

A-t-on vraiment besoin de toute cette quantité? De ces paniers d’épicerie géants débordants de partout? […]

Et pourquoi ne pas changer notre façon de faire l’épicerie? Prendre, par exemple, le budget viande pour la semaine et s’en servir pour acheter de la viande naturelle, sans antibio, bien nourrie et blablabla. Il y en aura peut-être moins, en quantité, que si on cherche les paquets familiaux industriels de 36 burgers qui sont en spécial dans la circulaire. Mais on n’a alors qu’à préparer autre chose pour compléter le menu de la semaine: légumineuses, gratins, pâtes alimentaires…

Mis en valeur par sa rareté, le steak n’aura jamais été si bon.

photo: .blue.algae

J’ai récemment lu un article dans le journal La Presse (Stéphanie Bérubé, samedi 10 juillet 2010, A22), qui traite du doute qui entoure les boissons énergisantes au Canada:

« Depuis la création du Règlement sur les produits de santé naturels, en 2004, Santé Canada a reçu 367 demandes de mise en marché de boissons énergisantes. Seulement 18 ont reçu l’autorisation d’aller de l’avant. Cela voudrait dire que 95 % des boissons énergisantes en vente au pays n’ont pas été approuvées par Santé Canada »

[…]

« À Santé Canada, c’est la paralysie dans les évaluations. L’organisme n’a jamais caché qu’il est submergé par les demandes d’autorisation et ne peut y répondre dans un délai raisonnable. »

[…]

« Devant cette situation inhabituelle, Santé Canada a mis en place une période de grâce pour les fabriquants. Les produits peuvent demeurer sur les tablettes, à moins qu’ils ne présentent un risque inacceptable pour la santé. »

Il est grand temps de se prendre en main et de se remettre en question la confiance aveugle que l’on porte à Santé Canada. Je trouve terriblement préoccupant que des produits tels que ces boissons se rendent sur nos tablettes en toute liberté, sans étude, sans approbation. Quels autres aliments consommons-nous sans savoir quel est leur risque sur notre santé?